Industrie
Rédaction Drivesfera
Industrie

Les 24 hybrides de Stellantis sont pragmatiques, mais aussi un aveu tardif

Avec 24 hybrides d'ici 2030, Stellantis fait preuve de réalisme après des années de zigzags sur l'électrique, mais risque d'arriver en retard. Mieux vaut attendre des chiffres d'efficacité réels.

Publié
24 octobre 2026
Lecture
3 min
Catégories
Industrie

Image générée par IA

Quand un constructeur promet 24 nouveaux modèles d'une technologie que la presse italienne présente comme une nouveauté absolue pour le groupe, s'agit-il d'une stratégie ou d'un aveu ? Chez Stellantis, nous pensons que c'est un peu des deux.

Le détail provient de FaSTLAne 2030, le plan quinquennal présenté par l'entreprise en mai 2026. Reuters fait état d'un plan de 60 milliards d'euros (70 milliards de dollars) avec 60 nouveaux modèles d'ici 2030. Selon Euronews, la répartition est de 29 véhicules électriques, 15 hybrides rechargeables ou à prolongateur d'autonomie, 24 hybrides et 39 modèles à moteur conventionnel ou microhybride. Les chiffres se recoupent, car Stellantis précise que les lancements par motorisation incluent des véhicules multi-énergies.

Le média italien Motor1 décrit les hybrides complets comme une nouveauté absolue pour le groupe. D'autres médias italiens indiquent qu'ils viseront probablement les segments B, C et D, surtout en Europe et en Amérique du Sud. Un détail modeste mais révélateur: cela ressemble à un pari régional, pas mondial.

Le vrai message, c'est le mix

Regardez de nouveau les chiffres. Le plus gros bloc n'est pas électrique: ce sont les 39 modèles à moteur conventionnel ou microhybride, devant les 29 électriques. Ajoutez les hybrides complets et les rechargeables, et le plan est clairement multi-énergies. Stellantis parle elle-même de « liberté de choix » et d'intégrer de la « flexibilité énergétique dans le portefeuille ». En langage d'entreprise: nous ne miserons plus tout sur une seule technologie.

Nous trouvons cela sensé. Le secteur oscille depuis des années entre « tout électrique à telle date » et « les clients veulent autre chose ». Une entreprise qui publie un plan couvrant toutes les motorisations se couvre, et ce n'est pas un péché quand la demande est incertaine.

Mais appelons les choses par leur nom. Un hybride complet, qui n'a pas besoin d'être branché, est une technologie que beaucoup d'acheteurs attendent sans doute depuis longtemps. Ne la proposer à grande échelle que maintenant ressemble à un aveu discret: le calendrier de l'électrique a glissé, ou du moins le grand public ne suit pas aussi vite que prévu. La documentation ne le dit pas en toutes lettres; c'est donc notre lecture.

Le risque, c'est le retard, pas la technologie

Le problème n'est pas le choix, mais le calendrier. Les concurrents vendent des hybrides complets depuis des années, ce qui représente une avance en matière de coûts, de mise au point et de confiance des clients. Nous ne pouvons pas citer de chiffres sur leurs gammes à partir de la documentation dont nous disposons, donc nous ne le ferons pas. L'argument n'en a pas besoin: si les hybrides complets de Stellantis arrivent progressivement d'ici 2030, la concurrence aura eu tout le temps de s'installer sur le marché.

Il y a aussi un indice sur ce que Stellantis pourrait faire techniquement. La presse italienne a rapporté en septembre 2025 que l'entreprise semblait intéressée par une version hybride complète de son moteur PureTech, située entre un microhybride de 145 ch et un hybride rechargeable de 195 ch. Il s'agit d'une information rapportée, pas d'une confirmation. Si elle est vraie, cela suggère une adaptation de matériel existant plutôt qu'une conception from scratch, ce qui serait moins cher et plus rapide, mais pas forcément le plus efficient.

Attendre les chiffres, pas les diapositives

Notre conseil aux acheteurs est simple: ne considérez pas encore les « 24 hybrides complets » comme une promesse. Les sources dont nous disposons donnent des nombres et des catégories, pas de consommations, de prix ni de dates de lancement par modèle. Sans consommation réelle et sans prix inférieur à celui des rechargeables, un hybride complet n'est qu'une étiquette.

Si vous avez besoin d'une voiture maintenant, comparez ce qui est en vente aujourd'hui. Si vous pouvez attendre, laissez les premiers modèles passer des essais indépendants avant de vous décider. C'est sur l'efficience que se font et se défont les réputations des hybrides, et les acteurs en place fixent la barre.

Notre verdict: le virage est le bon, et sans doute en retard. Qu'il s'agisse d'un coup malin ou d'un exercice de rattrapage dépendra de l'exécution dans les prochaines années, pas du titre de 2030.

Sujets de débat

Aucun sujet pour l’instant : lancez le premier.

Plus d'articles