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CFMoto n'est plus l'alternative bon marché : c'est la référence à battre

Des ventes en hausse sur un marché atone, une visite d'usine qui a impressionné des journalistes italiens et un contrat de fourniture avec KTM : les constructeurs européens doivent cesser de voir les motos chinoises comme du low cost.

Publié
27 octobre 2026
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4 min
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Comment appeler une marque qui progresse de près de 50 % sur un marché qui bouge à peine ? Pas une alternative au rabais. Un concurrent. Et, à notre avis, CFMoto a mérité ce mot.

Les chiffres sont difficiles à balayer. D'après le rapport semestriel de l'entreprise, relayé par Visordown, CFMoto a vendu 196 400 motos thermiques au premier semestre 2026, soit 30,62 % de plus, dont environ la moitié hors de Chine. Par ailleurs, les chiffres de MotorCyclesData cités par Dailyhunt montrent que les immatriculations aux États-Unis ont progressé de 48,5 % entre janvier et juillet, alors que l'ensemble du marché américain n'a gagné que 0,9 %.

Il y a aussi le témoignage de terrain. Le média italien Dueruote a visité un siège de CFMoto en Chine et a titré, en substance, que l'entreprise a des années-lumière d'avance sur nous. C'est une affirmation audacieuse pour un média moto européen.

Croître sur un marché plat, c'est prendre des parts à quelqu'un

Quand un marché stagne, un bond de 48,5 % n'est pas une marée montante. C'est un transfert. Quelqu'un perd des clients, et les candidats les plus probables sont les marques japonaises et européennes établies sur les segments des moyennes cylindrées et des trails, précisément là où CFMoto pousse avec des modèles comme les 800MT et 1000MT-X.

Méfions-nous toutefois des pourcentages en gros titre. La hausse de 704,8 % en Allemagne paraît spectaculaire, mais les articles eux-mêmes préviennent qu'un tel chiffre peut partir d'une base minuscule. La France, où la croissance de CFMoto dépasse 70 % selon les relevés de MotorCyclesData, est un signal plus significatif, car c'est un marché où, comme le dit une analyse, les motards se soucient du design et de l'héritage, pas seulement du prix. Nous classerions l'Allemagne dans « intéressant », et les États-Unis et la France dans « inquiétant si vous y vendez des motos ».

Le vieux réflexe du « Made in China » est le vrai risque

L'histoire rassurante dans les conseils d'administration européens, c'est que les motos chinoises se vendent grâce à leur prix. Selon nous, ce discours est dépassé. L'analyse de Famewheels cite des suspensions KYB, des freins Brembo, de l'électronique Bosch et des écrans TFT sur plusieurs modèles. Quoi que l'on pense de cette approche par fiche technique, elle émousse le cliché du « pas cher et mal fait ».

Et regardez le lien avec KTM. Dueruote note que CFMoto fabrique les moteurs de la famille 790 de KTM. Un fournisseur d'une marque premium européenne n'est pas un débutant qui rattrape son retard. À notre avis, il fait partie de la chaîne d'approvisionnement avec laquelle vous êtes en concurrence. Autre point notable: la même visite décrit une ligne d'assemblage flexible alliant automatisation et personnel qualifié, un vrai service de R&D et un travail de design avec Modena 40 sur plusieurs projets. Ce n'est pas un atelier de copie. Dueruote affirme aussi avoir vu des sportives quatre cylindres de 500 et 750 cm³ jamais vues en Italie, et s'être entendu dire que les règles d'homologation empêchent d'en importer au moins une. L'entreprise dispose manifestement d'une gamme en préparation que nous ne voyons pas.

Le prix compte encore, mais la confiance sera le prochain champ de bataille

Rien de tout cela ne signifie que CFMoto a gagné. Les articles sont francs sur les questions en suspens: réseaux de concessionnaires, service après-vente et valeur de revente. Ce sont ces éléments qui transforment un premier achat en second, et ils demandent des années, pas des trimestres. CFMoto affirme disposer désormais de plus de 9 000 points de vente dans plus de 100 pays et régions, ce qui aide, mais le nombre de concessions n'équivaut pas à une bonne expérience de service dans une ville donnée. Les droits de douane et la pression des taux de change sont également cités comme freins aux bénéfices, et le bénéfice net n'a progressé que de 6,26 % face à une hausse du chiffre d'affaires de 35,82 %. Il nous semble que cette croissance rapide s'achète, au moins en partie, avec de la marge.

Que doivent donc faire les constructeurs européens ? D'abord, cesser de se comparer à la moto chinoise d'il y a dix ans. Ensuite, défendre là où ça fait mal: les moyennes cylindrées et les trails au bon rapport qualité-prix. Enfin, prendre au sérieux le service après-vente et la revente, car c'est le seul avantage que les acteurs établis possèdent encore plausiblement, et il ne durera probablement pas éternellement si les concessionnaires de CFMoto continuent de gagner en maturité.

Notre verdict

Pour les acheteurs, c'est une bonne nouvelle: davantage de concurrence sur les segments où les prix n'ont cessé de grimper. Nous attendrions tout de même des données réelles de fiabilité à long terme et de revente avant de considérer une CFMoto comme un choix évident. Pour les marques européennes et japonaises, le verdict est plus sévère. Un rival qui fabrique les moteurs de KTM, croît plus vite que le marché et impressionne votre propre presse n'est pas une alternative. C'est lui qui donne le tempo, et la complaisance est la seule chose dont il n'a pas besoin pour vous battre.

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