Le nouvel écran d’OOONO résout un problème… et risque d’en créer un autre
Le CO-DRIVER NO3 affiche les dangers et aide à trouver une station-service, mais son vrai défi sera de rester utile sans devenir une distraction supplémentaire.
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Le meilleur écran de tableau de bord est peut-être celui qui sait quand rester éteint. C’est la promesse centrale — et le paradoxe — du nouveau CO-DRIVER NO3 d’OOONO, un dispositif d’alerte routière qui ne se contente plus de bips et de voyants, mais affiche les dangers, les distances et les limitations de vitesse. L’entreprise parie sur le fait que les conducteurs veulent un copilote physique, mais pas nécessairement une tablette miniature supplémentaire qui réclamerait leur attention.
Le NO3 est la troisième génération du dispositif d’OOONO. Il sera commercialisé le 28 octobre 2026 au prix de lancement de 89,95 euros, avant de passer à 99,95 euros le 11 novembre. Basic Tutorials rapporte que ce nouveau modèle ajoute un écran Focus Display, un outil de recherche de stations-service et un journal des trajets à ses fonctions d’alerte.
Cela ressemble à une extension des fonctionnalités. En pratique, c’est un test pour déterminer si un écran peut être plus sûr que l’ambiguïté.
L’écran est utile parce qu’il explique l’alerte, pas parce qu’il affiche davantage de données
L’intérêt initial de l’approche d’OOONO reposait sur la sobriété. Les précédents appareils communiquaient par signaux sonores, clignotements LED et bouton physique, permettant de recevoir une alerte sans baisser les yeux. Cette conception avait du sens dans une voiture de plus en plus encombrée d’interfaces de navigation, de divertissement et de messagerie.
Mais un simple son laisse une question importante sans réponse: que se trouve-t-il exactement devant nous, et à quelle distance ? Le NO3 corrige cette faiblesse en affichant des icônes pour les radars, les accidents, les travaux et les obstacles. Pour les alertes de radar, il indique également la limitation de vitesse applicable et la distance restante.
Nous pensons que c’est la bonne raison d’ajouter un écran. Il n’a pas de valeur parce qu’il peut devenir une nouvelle source d’information; il est utile parce qu’il réduit l’incertitude. Un conducteur qui comprend une alerte sera moins susceptible de saisir son téléphone ou d’interagir à répétition avec un écran d’infodivertissement plus grand.
OOONO a également tenté d’empêcher l’écran de devenir un aimant visuel permanent. Il reste éteint lorsqu’il n’y a rien à signaler et s’active lorsqu’une alerte est émise ou que l’appareil détecte une main qui s’approche. Les tonalités d’alerte sont elles aussi différenciées, afin que les conducteurs puissent identifier les types d’alerte sans regarder. Cette combinaison — éteint par défaut, visible uniquement lorsque c’est nécessaire — est plus convaincante que le simple fait de réduire une interface de navigation classique.
La conception ne peut toutefois pas éliminer le problème comportemental. Un conducteur peut jeter un coup d’œil au petit écran précisément parce qu’il est là. La différence entre un regard qui clarifie une alerte et l’habitude de surveiller des informations en temps réel dépendra moins du matériel que de la sobriété du logiciel.
OOONO transforme un bouton d’alerte en plateforme de services
Le changement le plus révélateur n’est pas l’écran. C’est l’ajout de services.
Le NO3 peut trouver la station-service la moins chère à proximité selon le type de carburant choisi par le conducteur, la distance de recherche et l’application de navigation privilégiée. L’appareil envoie l’itinéraire vers un smartphone connecté, Apple CarPlay ou Android Auto. La fonction ressemble ainsi moins à un gadget qu’à une tentative délibérée de donner au copilote physique un rôle entre deux alertes. La documentation d’assistance d’OOONO confirme que ces paramètres déterminent le fonctionnement de la recherche de carburant.
C’est une orientation pertinente, avec une réserve. Un conducteur n’a pas besoin d’un appareil dédié pour chercher une station-service: un téléphone ou l’interface de la voiture s’en charge déjà. L’avantage potentiel réside dans la discipline d’interaction. Si une seule pression sur un petit objet prévisible suffit à lancer l’itinéraire via le système de navigation existant, le conducteur peut éviter d’ouvrir une application et de parcourir des informations concurrentes.
Le journal des trajets est une fonction plus commerciale. Il enregistre automatiquement les itinéraires et permet de les classer comme trajets professionnels, trajets domicile-travail ou déplacements personnels. Mais il coûte 9,99 euros par mois ou 99,99 euros par an, tandis que les alertes et la recherche de carburant restent disponibles sans abonnement. Le NO3 ressemble donc moins à un accessoire destiné à une seule fonction qu’à une passerelle matérielle vers des services de conduite payants.
À notre avis, l’abonnement concernera moins les conducteurs ordinaires que les indépendants et les utilisateurs de voitures de fonction. Pour tous les autres, il risque de rendre un simple dispositif d’alerte inutilement complexe. Un copilote physique gagne la confiance en restant prévisible; chaque service supplémentaire crée une nouvelle raison de se demander ce que fait l’appareil, ce qu’il fait payer et ce qu’il affiche.
La question des données compte davantage que le cadre en aluminium
OOONO affirme que son réseau d’alertes rassemble plus de cinq millions de conducteurs, auxquels s’ajoutent les données de Cyclops et les vérifications d’une équipe dédiée. Ces chiffres illustrent l’ampleur du système, mais ne prouvent pas que chaque alerte est exacte ou envoyée à temps.
Cette question est devenue plus importante depuis la fin du partenariat avec Blitzer.de en juin 2026. Des informations faisant état de lacunes dans la couverture des radars mobiles ont suivi, même si la documentation disponible ne permet pas d’établir l’ampleur exacte de ces lacunes. L’écran du NO3 peut rendre une alerte plus facile à comprendre, mais il ne peut pas créer une alerte manquante ni valider de mauvaises données.
C’est ici que le matériel soigné du produit risque de détourner l’attention de la véritable décision d’achat. Une icône nette et l’affichage d’une distance inspirent confiance. Cette confiance n’est utile que si l’alerte sous-jacente est fiable. Les acheteurs doivent considérer l’écran comme une amélioration de l’interface, et non comme la preuve que la base de données s’est elle aussi améliorée.
Il existe également une limite juridique qui ne devrait pas être reléguée au bas de la liste des fonctionnalités. En Allemagne, l’utilisation active d’une alerte de radar pendant la conduite est interdite; la sanction prévue est de 75 euros et d’un point au registre de Flensburg. Les alertes concernant les dangers généraux, comme les accidents, les zones de travaux ou les obstacles, sont autorisées. Auto Motor und Sport souligne que l’appareil peut être utilisé pour consulter des informations avant de prendre la route, mais que la fonction d’alerte radar ne doit pas être active sur la route en Allemagne.
Le NO3 est un meilleur copilote seulement si les conducteurs le traitent comme un instrument
Le CO-DRIVER NO3 apporte une réponse convaincante à l’idée que chaque tâche liée à la conduite doit être effectuée sur un téléphone. Sa principale qualité n’est pas d’afficher davantage d’informations, mais de permettre de comprendre rapidement une alerte tout en laissant l’écran principal tranquille.
Mais cet avantage disparaîtra si OOONO transforme l’écran en flux d’informations que les conducteurs estiment devoir surveiller. Il faut juger le produit à ce qu’il aide les conducteurs à ignorer: les menus d’applications, les écrans de téléphone et les interactions superflues. Le système d’alerte, et non la recherche de carburant ou le journal des trajets payant, doit rester au centre de l’expérience.
Notre recommandation est simple: les propriétaires d’un NO1 sont ceux qui ont le plus de raisons d’envisager le NO3, car l’écran, la batterie et la connectivité CarPlay corrigent des limitations concrètes. Les propriétaires d’un NO2 gagneront plus probablement en confort qu’ils ne bénéficieront d’une évolution transformatrice. Les nouveaux acheteurs devraient attendre de disposer de preuves de la fiabilité de l’écosystème de données après la fin du partenariat avec Blitzer.de — et n’acheter l’appareil que s’ils recherchent un système d’alerte physique et discret, pas un écran supplémentaire à surveiller.
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